Nicolas Deverge
Transcription
Je vais vous présenter un retour d'expérience sur un petit projet sur lequel j'ai travaillé le soir, le week-end. C'est un petit side project que j'ai fait sur mon canapé. Je vais parler de Lean Startup, de Fab Lab, de plein de choses et tout ça. Je vais commencer par me présenter. Je m'appelle Nicolas Deverge. Je travaille dans une société toulousaine, je viens de Toulouse, qui s'appelle Equito, dans laquelle je fais du Lean Startup. On a un accélérateur de start-up et j'accompagne des entrepreneurs dans leur démarche d'entrepreneuriat.
En les amenant à être un petit peu plus lean et tout ça. Je vais expliquer un petit peu ça. Je suis aussi programmeur, je continue à faire la programmation. J'ai fait du coaching agile pendant quelques années aussi. Et je suis donc un micro-entrepreneur, c'est-à-dire... C'est devenu presque une tradition, tous les ans je lance un petit projet. Ça fait l'occasion à chaque fois d'un petit retour d'expérience à donner dans des confs. J'ai donné cette présentation aux Agiles Tours de Montpellier, à Toulouse et à Bordeaux, sur les 3-4 dernières semaines. J'espère être un peu rodé.
Donc comme tout projet, tout produit en fait, un produit pour qu'il fonctionne, on va parler de produit là, pour qu'il fonctionne, il faut qu'il résolve un problème. Alors ça paraît peut-être un peu bête quand on le dit comme ça, mais c'est assez important, c'est-à-dire si vous faites un super produit avec... Des super fonctionnalités, super bien léchées, super ergonomiques. Si elle ne résout pas de problème, ça ne va intéresser personne. Ce qu'on appelle du nice to have. C'est bien, c'est chouette, c'est fun. Les gens vont y jouer avec 5 minutes, ils vont jouer une fois, puis après, ils ne reviendront plus. Donc, l'intérêt, en fait, déjà, il faut se poser la question, est-ce que mon produit, en tant qu'entrepreneur, est-ce que mon produit résout un vrai problème? Donc, je vais y revenir. Tout à l'heure dans la démarche méthodologique. Donc moi, en fait, le problème, c'était à Noël l'année dernière, 2013, c'était repas de famille avec la belle famille. Et donc là, mon beau-père a perdu ses clés. Donc il avait perdu ses clés de moto, il les avait perdues dans la rue. Donc ce n'est pas le problème de perdre ses clés au moment de partir. Où sont mes clés? Qu'est-ce que j'en ai fait? Elles sont sur le canapé, sous un coussin ou quoi? Non, non, là, c'est vraiment perdre ses clés dans la rue. Donc voilà, je me retrouve, je me dis, là, voilà une belle occasion de trouver une idée, de faire un produit pour résoudre ce problème-là. Et voilà surtout une belle occasion pour moi de mettre en œuvre le Lean Startup, une nouvelle fois. Je l'avais déjà fait sur un projet précédent. Je le fais avec des entrepreneurs, mais aussi, là, je me dis, voilà. Donc, moi, l'idée du produit, du projet, c'était aussi d'avoir cette démarche-là méthodologique. Et donc, en fait, je vais vous faire une présentation théorique du Lean Startup, là, au démarrage, et je vais vous l'expliciter de par mes expériences au fur et à mesure. Donc ça c'est le problème. Donc tout de suite moi je suis un technicien, enfin je suis un ingénieur, je viens du monde technique et tout, d'une formation technique, donc tout de suite je pense solution. Premier réflexe. Donc ce n'est pas forcément le meilleur des réflexes. Moi-même, quand j'ai des entrepreneurs qui viennent me voir, la solution, on verra plus tard, ce qui est important, c'est autre chose. Donc bien sûr, je n'applique pas du tout ce que je conseille, mais ça c'est normal.
Donc la solution, j'ai une idée lumineuse. Un porte-clés avec un code pour contacter le propriétaire. C'est-à-dire, on attache à son jeu de clés un porte-clés sur lequel il y a un petit code qui est unique à ce porte-clés. Et il y a une adresse de site web. Et en fait, la personne qui trouve vos clés dans la rue, elle va sur site web, elle rentre le code de ce porte-clés-là. Il y a un formulaire, on peut mettre un message et ça envoie un mail directement au propriétaire de la clé. Il y a une association entre le code et l'email. Mais la personne qui trouve les clés, elle ne connaît pas l'email, tout ça. C'est sécurisé. Ça rassure. Donc c'est assez simple comme solution. Donc là je me dis super idée, je vais trop cartonner, trop facile, la solution est super simple. De toute façon quand on regarde les solutions simples, toujours c'est ce qu'il y a de plus efficace, on le sait. Donc là je me dis ça va être trop sympa, ça va être super. Donc je me fixe quelques objectifs quand même par rapport à ce projet-là. Donc déjà, je ne vais pas arrêter de travailler pour faire que ça. C'est vraiment un petit projet du week-end. Et je voulais me faire plaisir, c'est-à-dire que je ne voulais pas que ce soit une contrainte, que ce projet-là devienne une contrainte. C'est-à-dire que je voulais pouvoir y travailler quand je voulais. Ce n'est pas quelque chose qui me demanderait de... me lever le matin, faire ça, et tout et tout. Non, c'est vraiment, de temps en temps, quand j'ai le temps, ou plutôt quand j'ai envie, je travaille dessus. Donc ça, c'était quand même super important. Pourquoi pas gagner un petit peu d'argent avec ce système-là? Je voulais un investissement très minimaliste, donc voilà, investissement à 150 euros de ma poche, vraiment, sans compter le temps passé, je compte qu'en investissement, qu'en trésorerie, on va dire.
Et donc ça me permettrait, comme je disais tout à l'heure, de pouvoir tester l'approche Lean Startup.
Je vais vous faire une présentation rapide et théorique de Lean Startup, juste pour situer un petit peu le sujet. Lean Startup a démarré en 2010 avec Eric Ries qui a synthétisé un petit peu tout un ensemble
d'idées ou de méthodologies qui provenaient d'un travail à la base de Steve Blank, qui est plutôt une personne du marketing, qui avait écrit« Fourth Steps to Epiphany», premier bouquin, qui est un peu la jeunesse sur le customer development, des choses comme ça. Donc Eric Ries en 2010, il commence à parler de Lean Startup, il a sorti un bouquin, un livre qui s'appelle donc le Lean Startup, qui permet de synthétiser tout ça. Une startup, en fait, ce n'est pas bien compliqué. C'est un peu comme l'agilité, ce n'est pas compliqué, c'est facile à comprendre, mais ce n'est absolument pas ce qu'on fait traditionnellement. Complètement, voilà. Donc ce n'est pas compliqué. La meilleure illustration, c'est ça, c'est un petit peu expliquer comment ça fonctionne. Je ne vais pas rentrer dans la théorie et tout, ça va juste être très léger. Donc en fait, on parle d'une idée. Donc moi, j'aime bien plutôt utiliser ici. le terme hypothèse.
En fait, on va partir d'un certain nombre d'hypothèses.
Tout est hypothèse, c'est-à-dire le problème est une hypothèse, la solution est une hypothèse, les clients à qui je m'adresse, le segment client, c'est une hypothèse.
On considère, en fait, quand on est un lean start-upper, que toutes les idées qu'on peut avoir,
Tout ce à quoi on pense, ce ne sont que des hypothèses. Donc on est vraiment dans la remise en question perpétuelle. On n'est pas plein de certitudes, comme souvent on se dit, j'ai l'idée du siècle, ça va marcher, je fais mon cahier des charges, je me mets dans mon garage, je travaille pendant deux ans, je sors mon produit, je suis trop sûr que ça va marcher, je le sors et il ne se passe rien, ça fait poète le truc. On n'est pas du tout dans cette démarche-là, complètement à l'opposé. Donc on part d'hypothèses, à partir de ces hypothèses-là, on va construire un produit. Donc quand je parle de produit, ça peut être de multiples formes. Dans la littérature Lean Startup, on retrouve le terme de MVP, Minimal Viable Product, donc c'est produit minimum viable. C'est-à-dire que c'est un produit qui est vraiment minimaliste en termes de... d'efforts à construire, voire même en termes de fonctionnalité. C'est vraiment le produit qui apporte la valeur promise à ses clients, très rapidement.
Donc souvent, là je fais lien. L'agilité, c'est là où on est agile, on utilise du Scrum, du Common et tout ça, c'est la phase de build. Là, on passe en agilité. Le côté Lean Startup, c'est vraiment une phase amont à l'agilité. C'est le côté idéation, travail de l'idée et tout ça. La partie agile, elle se trouve plutôt par là. Donc on construit un produit et dans ce produit-là, on a mis un certain nombre de sondes de mesure. Ça, c'est super important. C'est-à-dire, quand on va concevoir le produit, on va faire en sorte de pouvoir collecter des données afin d'apprendre de l'utilisation de nos clients. Pour savoir si l'hypothèse qu'on a émise au départ est validée ou non. Je vous le refais. On va construire un produit. C'est un cycle itératif. On va mener des expérimentations. Sur lequel on va faire des mesures, on va constater une utilisation qui est faite du produit pour apprendre est-ce que c'est bon ou pas. Donc, ce n'est pas du sondage, par exemple. C'est-à-dire, on ne va pas faire un sondage, est-ce que tu feras ça, ça, ça? Non, non, on va plutôt mettre le produit entre les mains des clients, voir comment ils l'utilisent, et à partir de l'utilisation qui en est faite réellement sur le terrain, on va apprendre des choses. Parce que souvent, les gens leur disent, tiens, mon porte-clés, regarde, je te présente, ça a l'air bien, tu les vends quand? Les gens, jamais, ils l'achèteront. C'est comme ça, c'est-à-dire entre ce que les gens disent et ce qu'ils font, il y a un gap. Et c'est naturel, c'est comme ça, on ne peut pas aller contre. Donc là, l'idée, c'est régulièrement, sur les différentes hypothèses qu'on peut avoir, vraiment aller sur le terrain, vraiment sortir quelque chose et très vite le mettre entre les mains des utilisateurs pour pouvoir valider son hypothèse.
Donc pour bien démarrer, il y a un outil qu'on appelle le Lean Canvas. Donc ça, ça vient d'un travail de Ash Moria qui a écrit un bouquin à Running Lean, qui est après Eric Ries, pour moi le deuxième gourou sur le Lean Startup. Donc en fait, le Lean Canvas, c'est simple, c'est un... Donc c'est un canvas, c'est sous format A4 par exemple. Je ne vais pas rentrer dans les détails de chaque case, mais ça permet vraiment de synthétiser un petit peu son idée, son produit. Donc les cases les plus importantes, déjà c'est le problème, c'est ce que je disais tout à l'heure. Qu'est-ce qu'on cherche à résoudre? Après, généralement, ce qu'on cherche à voir, c'est à qui on s'adresse. C'est-à-dire, un problème, on s'adresse à un certain segment utilisateur. Une autre case importante, c'est comment s'adresser à ces gens-là? Où est-ce qu'ils se trouvent? Comment je vais les trouver? C'est-à-dire, c'est un petit peu le côté marketing, trouver son marché. C'est comment trouver ces gens-là? C'est important de se poser la question dès le départ, en fait.
Donc c'est les canaux, après la solution qui n'est pas forcément plus importante, et après c'est la proposition de valeur unique, c'est vraiment le cœur du produit, qu'est-ce qu'il apporte, c'est bien de pouvoir le... le synthétiser très simplement dans une phrase unique, et puis après il y a les revenus, les coûts et des points de mesure. Donc traditionnellement, moi d'expérience, je sais que, à force de faire mes petits projets et d'accompagner un certain nombre d'entrepreneurs, pour moi les clés elles sont là, là, Et là, en fait, c'est vraiment les deux cases les plus importantes. Si on n'est pas sûr de celle-là, ça va être compliqué d'aller plus loin. Parce que celle-là, elle est très, très liée au... Au segment utilisateur. Donc pour moi, c'est vraiment celle-là qui, aujourd'hui, avec le recul, c'est vraiment ces deux-là qui sont importantes. d'aller confirmer très rapidement sur le terrain.
Donc moi j'ai fait l'exercice pour mon projet, je ne l'ai pas fait sur toutes les cases, parce que ce n'est pas forcément un intérêt. Donc sur mon petit projet de porte-clés, le problème c'est de perdre ses clés dans la rue, c'est ce que j'expliquais tout à l'heure.
Ce n'est pas perdre ses clés dans l'appartement, parce que perdre ses clés dans l'appartement, il y a déjà des solutions existantes. Là, les tiles, c'est tous ces trucs, les porte-clés connectés, avec un petit radar qui dit où est le truc. Moi, ce n'est pas ça, c'est les clés dans la rue. Donc la solution, je vous l'ai déjà expliqué, c'est le porte-clés. Là, je me dis, balls avec mon client, de toute façon, ça touche tout le monde. Oui, tout le monde a des clés, tout le monde a perdu ses clés, donc ça touche tout le monde trop facile.
Je vais trop cartonner, c'est trop... Donc je ne réfléchis pas trop. De toute façon, pour atteindre des clients AdWords, on lit partout sur les blogs. Tu mets de l'AdWords, tu as plein de gens qui viennent, ils achètent et tout. 10 000 dollars par mois, trop facile.
Donc, c'est parti. Donc ça, c'était vraiment au début. Ça, ça m'a pris cinq minutes.
Mais voilà, c'est bien de se... Alors ouais, le Lean Canvas, comme je vous l'ai montré, c'est quelque chose sur lequel on itère, c'est-à-dire qu'il n'est pas figé dans le temps. C'est-à-dire qu'au départ, j'avais rempli mes cases, et puis au fur et à mesure qu'on fait des expérimentations, chaque élément à l'intérieur du Lean Canvas est une hypothèse qu'on va donc expérimenter, on fait vivre ce Lean Canvas dans le temps. Donc j'y reviendrai là-dessus, par rapport à là où j'en suis aujourd'hui.
Donc la première hypothèse à expérimenter, c'est la valeur de proposition unique, c'est vos clés perdues reviennent chez vous, faites grosso modo, je vais tester la solution. C'est-à-dire avant de voir le problème, tout ce que je vous ai dit tout à l'heure, finalement, moi je suis allé voir la solution directe. Ce qui, bon, très bien, mais en même temps ça me faisait rigoler. Donc je suis allé tester la performance de la solution. Pourquoi pas?
Parce qu'un matin, je me suis réveillé, j'ai dit« ça, ça va être trop fun à faire». Alors je l'ai fait.
Ouais. Ah, tu me casses le truc.
Donc je me vois la partie en mode expérimentation. Donc je vais semer des clés dans la rue avec mon fameux porte-clés. Donc là je fais le tour des... Les cordonniers qui font les doubles de clés, je récupère des jeux de clés à droite à gauche, aussi des collègues, des amis et tout ça.
Pour voir si effectivement ça fonctionne. Donc la mesure, c'est facile. Comment je vais mesurer ça? Avant de démarrer, je réfléchis à mes points de mesure. Donc c'est le nombre de clés qui vont me revenir par rapport au nombre que j'ai semé dans la rue. C'est assez simple. Et là, il faut aussi se fixer un objectif avant de démarrer. Même si c'est très dur de se fixer un objectif parce qu'on ne sait pas trop, c'est bien de s'en fixer un quand même. C'est-à-dire là, je me suis dit, s'il n'y en a plus de la moitié qui reviennent, quand même, c'est que...
Ça vaut le coup de continuer.
Alors, je me vois la partie dans la phase de build, où là, je construis mon premier MVP, mon premier produit. Donc là, me voilà parti sur Amazon et j'achète ça, des porte-clés où on peut glisser une petite étiquette. Voilà, j'en ai là.
C'est ces trucs-là. Donc ça me permet de... Je fais des petites étiquettes avec un code. L'autre, derrière, il y a marqué« Si vous trouvez ces clés, connectez-vous sur le site et rentrez le code. » Et donc, effectivement, mon MVP, ce n'est pas super chouette. Le produit n'est pas forcément super joli, super bien fini. Ça fait un peu cheap avec le papier et tout. Mais ça me permet de ce qu'on appelle un MVP basse fidélité. C'est-à-dire, rapidement, moi, j'ai juste dépensé 5 euros sur Amazon. Premier produit. Donc là, me voilà parti sur Amazon et j'achète ça, des porte-clés où on peut glisser une petite étiquette. Voilà, j'en ai là. C'est ces trucs-là. Donc ça me permet de... Je fais des petites étiquettes avec un code. L'autre, derrière, il y a marqué« Si vous trouvez ces clés, connectez-vous sur le site et rentrez le code. »
Et donc, effectivement, mon MVP, ce n'est pas super chouette. Le produit n'est pas forcément super joli, super bien fini. Ça fait un peu cheap avec le papier et tout. Mais ça me permet de ce qu'on appelle un MVP basse fidélité. C'est-à-dire, rapidement, moi, j'ai juste dépensé 5 euros sur Amazon.
Trois jours après, j'ai reçu mes trucs, j'étais prêt à démarrer. Je ne suis pas parti dans une phase d'industrialisation, de contact avec des fournisseurs de porte-clés ou de fabricants de je ne sais quoi. Non, là, moi, je voulais tester ça. Donc, il faut être lean. Donc, j'ai trouvé un moyen de le tester assez rapidement. Donc, j'estimais qu'avec ça, ça me permettait au moins de faire cette première expérimentation qui est vraiment sur la solution, finalement. Pas sur le produit en lui-même, mais sur la solution.
Donc voilà, à Toulouse, j'ai semé 17 clés dans la rue, dans des rues plus ou moins fréquentées, à des horaires différents, dans des endroits très différents. Donc à chaque fois que je posais une clé dans la rue, je notais l'heure, la rue et la... La fréquentation, savoir si tu es fréquenté ou pas. Je n'étais pas très à l'aise. J'ai l'impression que tout le monde me regardait quand je semais une clé. Je faisais discrétos, mais lassé. Parce que voilà, on a l'impression, mais en fait non. Mais voilà, à chaque fois, c'est toujours un. Donc sur 17 clés, à votre avis, combien sont revenus? Il y a un porte-clés à gagner. Celui qui est tout.
Donc, 3, 2, 4, 10, aucune, 0, 5, 8. Je ne suis toujours pas. 20, non, parce qu'il n'y en a que 17.
17, oh, 1, non, toujours pas, 0. 12, c'est qui qui a dit 12? Là-bas, tiens, tu as gagné un porte-clés.
Alors tu viendras me voir à la fin, tu auras la version 2 quand même du porte-clés. Donc effectivement, 12 clés sur 17, ça fait 70% quand même. Ça marche, vous pouvez applaudir.
Donc là, quand même, bravo, hypothèse validée, la solution fonctionne. Je veux dire, c'est quand même incroyable. Moi-même, je n'y croyais pas.
Oui. Donc il y en a que je n'ai pas eues. Peut-être que je les aurai un jour. Parce que je n'en sais rien où elles sont. Après, je suis repassé dans les rues, elles n'y étaient plus. Alors peut-être que c'est la balayeuse aussi, j'en sais rien.
Donc ce que je sais, c'est que les clés, la plus rapide, elle a mis trois quarts d'heure à venir. C'est-à-dire entre le moment où je l'ai perdue et j'ai reçu le mail comme quoi la personne l'a trouvée, c'était trois quarts d'heure. Le plus grand, c'était trois jours.
Et la dispersion géographique, c'est entre à peu près 30 mètres et 2 kilomètres. C'est-à-dire entre l'endroit où je l'ai perdu et l'endroit où je l'ai retrouvé. Bon, ce n'est pas des métriques qui servent à grand-chose, mais après, c'est rigolo.
Donc voilà, je me dis vraiment trop bonne idée, ça marche trop bien, c'est trop facile.
Alors, je n'ai pas essayé dans d'autres villes. Non, je n'ai pas essayé encore trop la campagne et tout. Il faudrait que je le fasse, parce qu'on en parle régulièrement. Mais bon, j'ai...
Alors non, non plus. Mais après, il y a plein d'autres hypothèses à tester. Après, on se fait un backlog d'hypothèses, il y a un certain nombre de choses, on priorise et tout. Pourquoi pas?
Donc deuxième hypothèse à expérimenter, là je me dis j'ai une idée mais géniale. C'est si les gens qui avaient trouvé mes clés devenaient des clients de la solution. Ces personnes-là, moi, quand j'ai perdu les clés et quand j'ai eu les personnes en contact, je me suis vraiment fait passer pour le gars qui avait perdu ses clés, pas du tout pour le porteur du projet, pour ne pas faire de biais non plus.
Donc j'ai eu des gens au téléphone où j'ai rencontré le visu, ouais c'est super ce truc, c'est vrai que c'est bien, sans que moi-même j'aille le sujet, c'est-à-dire jamais j'aille le sujet du porte-clés, j'étais vraiment dans, super vous avez trouvé mes clés, et les gens, voilà, ils disaient, bon. Donc là, deuxième expérimentation à mener, parce que je me dis, là, si ça, ça marche, le marketing, il est fait, je balance des clés dans la rue, c'est bon.
Trop facile. Voilà.
Donc encore idée lumineuse, n'est-ce pas? Donc qu'est-ce que je fais? En fait, quand les gens remplissent le formulaire et tout, ils laissent leur mail pour pouvoir discuter avec le gars qui a perdu ses clés. Donc j'envoie un mail aux personnes qui ont trouvé les clés en les invitant à acheter un porte-clés à 5 euros.
Donc en fait, c'est un mail, relativement joli on va dire, un peu promotionnel, avec dedans un bouton pour aller sur... le site web, sur le site, j'ai le truc en photo, j'ai un bouton acheter, et quand on clique sur le bouton acheter, il y a juste marqué« il n'y en a plus en stock, reviens plus tard». Parce que je ne voulais pas mettre en place un système de paiement et tout ça, moi je suis lean, je reste lean, donc je ne vais pas me lancer encore une fois dans un truc un peu compliqué. Donc j'ai juste un bouton, un call to action, sur lequel j'ai un point de mesure, c'est-à-dire que je sais qui a cliqué sur le truc. Donc en fait avec l'outil, aujourd'hui je suis capable de savoir combien de mails j'ai envoyé, qui a ouvert le mail, qui a cliqué sur le lien, qui a cliqué sur le lien à l'intérieur du mail et qui a cliqué sur le bouton acheter. Donc là c'est ce qu'on appelle un entonnoir, on a tout le workflow. Ça permet de mesurer tout ça.
La mesure, c'est simple. C'est le nombre de clics sur le bouton acheter par rapport au nombre de mails envoyés.
Donc là, je me dis, si j'en ai 20%, c'est bien. Ça veut dire que c'est une bonne hypothèse.
Donc voilà, sur 7 mails, combien? J'en ai envoyé 7.
Parce que 7, parce que j'étais tellement pressé de la faire que je n'ai même pas attendu que d'autres clés reviennent. C'est-à-dire, dès que j'en ai eu 7, j'ai envoyé le truc. Alors? Deux. Trois.
Plus de sept.
Plus de 7, ça aurait pu, mais non.
5, non, toujours pas.
2, 6. Ah, zéro.
Qui a dit zéro? Je ne sais pas. Le premier? Là, devant? Oui. Bon, tu pourras venir après. Donc effectivement, zéro. Quand même, la loose. Je veux dire, c'est des gens qui avaient quand même vécu l'expérience.
Ils avaient rendu service, ils avaient vécu le truc en disant« je suis content d'avoir trouvé les clés, d'avoir rendu les clés à quelqu'un, c'est quelque chose qu'ils ont pu partager le soir, c'est un truc un peu rigolo quand même, un peu valorisant». Quand même zéro.
Donc là, hypothèse invalidée, ce n'est pas un bon moyen. Ce n'est pas du tout un bon moyen marketing. L'hypothèse n'est pas bonne. C'est-à-dire que ça ne marchera pas par la suite. Je ne pourrais pas, a priori, à ce moment-là, ce n'était pas un bon moyen marketing.
Donc là, un peu remise en question et tout. Et là, je me dis, il faut quand même que je me concentre sur le segment client, parce que c'est ça qui est important. J'ai un bon produit, a priori, un super produit qui est performant, qui fonctionne. Au moins qui est performant, après.
Et je me dis, mais vraiment, qui pourrait être intéressé par ça? Donc là, back to basics, je reviens aux fondamentaux. Et donc, les fondamentaux, c'est get out of the building. C'est vraiment sortir de chez toi et va à l'encontre de tes clients et tes utilisateurs. C'est-à-dire vraiment...
Va discuter avec eux, rencontre-les, voilà. Donc là en fait, je reviens un petit peu sur la partie théorique, je reviens en fait sur le problème, c'est-à-dire est-ce que finalement le problème que je cherche à résoudre est réellement un problème qui existe et est-ce qu'il est assez douloureux par les gens qui le rencontrent pour que ces personnes-là soient cherchées déjà à le résoudre par elles-mêmes, ces personnes-là? Et est-ce qu'elle serait prête à payer pour résoudre ce problème-là?
Donc c'est ce qu'on appelle le problème interview, c'est-à-dire là je cherche à aller vers des gens qui en fait, là j'avais ciblé un petit peu plus mon segment client, c'était des gens qui avaient déjà perdu leur clé. Ce qui m'intéressait c'est des gens qui ont déjà perdu leur clé et savoir si une fois qu'ils avaient perdu leur clé, est-ce qu'ils allaient chercher des solutions pour ne plus les perdre et tout ça.
Et ça, c'est l'histoire des canaux, justement. Et là, j'étais un peu embêté. Donc, j'ai des réponses, mais je les donnerai plus tard, au fur et à mesure. Donc là, ce que je fais, le moyen simple, un tweet. Voilà, Twitter, si tu as perdu tes clés, est-ce que tu peux répondre à ce questionnaire? Donc le questionnaire, dedans, il y a marqué, je ne sais plus combien ça t'a coûté, le gars qui est venu ouvrir ta porte, si tu as fait un double et tout. Il y a plein de questions qui ne m'intéressent finalement pas plus que ça, mais ça n'a pas de le chaland. Et à la fin, il y avait un petit champ, si tu as un quart d'heure à m'accorder par téléphone ou Skype ou Hangout, mets ton mail, on se contacte et voilà, ça m'intéresse. Moi, ce que je voulais, c'était avoir les personnes, discuter avec les personnes. C'est vraiment important. Donc ce tweet a eu à peu près zéro succès, ça n'a pas du tout marché, juste deux retweets. Voilà, malheureusement. Je ne sais pas, ce n'était pas l'heure, le bon endroit, où les gens ne perdent pas leur clé. C'est peut-être aussi un indicateur.
Normalement, 13h30, c'est pas mal. D'expérience, 13h30, ouais. Je sais pas, t'as des conseils là-dessus? Je ne suis pas parisien, moi. Je ne suis pas parisien.
À Toulouse? Oui, mais le métro, ça ne fait rien.
Donc, au final, j'ai eu peu de réponses au questionnaire et tout ça. J'ai quand même eu trois personnes à qui j'ai pu discuter, ce qui est déjà pas mal. D'un précédent projet, j'avais eu, ou même la théorie, à partir du moment où on arrive à... discuter avec 15-20 personnes, on a une bonne idée déjà, ça répond à un certain nombre de questions et de choses, et on a une bonne vision du truc. Au-delà de 20 personnes, les trucs ça se recoupe un petit peu et tout. Donc là j'en avais que 3, ça m'a permis de démarrer un petit peu. Donc j'ai fait ce qu'on appelle la problème interview, en même temps j'ai mixé dedans la solution interview, normalement ça se fait en deux phases bien successives, mais comme j'avais déjà la solution,
J'avais fait les choses un peu à l'envers.
L'idée, c'était ça. Est-ce que tu as déjà perdu tes clés? Est-ce que tu as cherché une solution? Ces histoires d'interview, c'est des questions ouvertes. Ce n'est pas oui, non, machin. On a un certain nombre d'objectifs. On se fixe des objectifs à couvrir pendant la discussion, mais on laisse les gens parler, on est en mode écoute active. Ce n'est pas du tout... Parce qu'on est là pour apprendre. Donc j'ai appris un certain nombre de choses.
Alors, je vous remets un petit peu dans le contexte. Moi, je suis dans mon projet. Je suis à fond. Ça avait bien marché, la solution et tout. Et c'est le cas typique de l'entrepreneur. On est à fond sur son projet. On a les œillères. On a la tête dedans. Et on ne prend aucun recul sur le truc. Donc, ce que je vais vous dire là, ça paraît être des banalités. Mais je ne les ai pas, à l'époque, je ne les avais pas vues. Et c'est bien que ce soit, viennent de l'extérieur. Comme ça, c'est... Ça rassure. Et puis même si on en a à son entourage, l'entourage est complètement biaisé, donc ça ne marche pas. Donc c'est bien d'avoir affaire à... des inconnus. Les trois personnes que j'ai eues, c'était pratiquement des inconnus.
Donc, ce que j'ai appris, c'est que les gens ne cherchaient pas forcément de solution. Une fois qu'ils ont perdu leur clé, c'est la fatalité. Et je refais un double ou je change mon barillet de porte. C'est comme ça, mais je ne cherche pas de solution. Donc, qu'est-ce que ça veut dire, ça? C'est-à-dire que moi, mon AdWords, il ne marchera pas.
Parce que les gens ne vont pas aller chercher sur Google comment ne plus perdre ses clés. Ils ne vont pas faire ça. Donc c'est à moi d'aller vers eux. Il faut que je leur pousse du message, donc il faut que je fasse du marketing, de la pub ciblée, des choses comme ça. Sur des blogs ou je ne sais quoi, ou alors du mailing ou des trucs comme ça. Donc là, voilà, mon hypothèse d'AdWords balayée. Ce que j'ai appris après, c'est juste trois personnes quand même, c'est quand même intéressant.
J'ai appris d'autres trucs un peu moins impactants. Là, j'ai appris un super truc. Ça intéresse les parents qui confient leur jeu de clé pour la première fois à leurs enfants. Leur ado au collège, on leur donne un jeu de clé, les clés de la maison pour la première fois. Les enfants, ils ne font pas trop attention à leurs affaires. Et donc, ça rassure les parents d'avoir ce système-là. Donc moi, je ne suis pas parent d'ado, donc jamais je n'aurais pensé à ça. Et bien là, il y a un customer segment qui se dessine. Je n'avais pas du tout pensé. Et là, c'est de part une discussion avec trois personnes. Sur les trois, il y en a deux qui me l'ont dit quand même. Donc, Donc ça montre encore une fois sur le Lean Startup, il y a un aspect très important aussi, c'est que... Quand on a une idée, on la partage, on en parle tout le temps. C'est-à-dire qu'on n'est pas dans le NDA, tout ça, déposer le brevet, tous ces trucs. Non, on en parle et il va nous arriver plein de choses. C'est-à-dire qu'il y a plein de trucs qui vont se passer. Les gens ont toujours envie d'aider, de donner un coup de main et de donner leur avis, surtout. Toujours les gens donnent leur avis, c'est comme ça. Pas toujours intéressant, mais la plupart du temps, ils ont envie d'aider. Et voilà. Donc là, je me dis, tiens, ça, c'est intéressant. Donc je me le note dans un coin, je me le mets dans mon backlog d'hypothèses, et je me dis, ça, il faudra que j'expérimente, que je fasse une boucle d'une startup plus tard.
Et là, j'apprends un truc qui me casse les jambes. Le porte-clés doit être joli. Moi, je croyais que c'était fini. Mon truc, c'était nickel. J'avais mon porte-clés. C'était bon. Je l'avais sur Amazon. C'était facile. En fait, je ne m'étais pas rendu compte qu'il était moche, mon truc. J'étais trop dans la solution, dans le service, l'usage. Mais le porte-clés, lui-même, il doit être joli. Alors ça, c'était plus de la part des femmes. Attends, sur mes clés, je ne vais quand même pas mettre un truc comme ça. C'est important, les clés, on les a tout le temps avec soi.
Donc là, un peu la loose. Là, je me dis, truc joli. Alors que je croyais que j'avais la solution. Elle était performante. Et ouais, joli. Tu vois, c'était vraiment ça, le truc. Donc là, me voilà à retourner Internet pour essayer de trouver un truc personnalisable. Parce que moi, il fallait que ce soit customisable, il faut que je mette un code unique sur... Chaque porte-clés, c'est un peu compliqué. Donc voilà, on trouve de tout sur Internet. Des trucs vraiment pas terribles, on peut le dire. Alors ça, c'était plus de la part des femmes. Attends, sur mes clés, je ne vais quand même pas mettre un truc comme ça. C'est important, les clés, on les a tout le temps avec soi.
Donc là, un peu la loose. Là, je me dis, truc joli. Alors que je croyais que j'avais la solution. Elle était performante.
Et ouais, joli.
Tu vois, c'était vraiment ça, le truc. Donc là, me voilà à retourner Internet pour essayer de trouver un truc personnalisable. Parce que moi, il fallait que ce soit customisable. Il faut que je mette un code unique sur chaque porte-clés. Donc c'est un peu compliqué. Donc voilà, on trouve de tout sur Internet. Des trucs vraiment pas terribles, on peut le dire.
Celui-là, c'est le festival du champ de marins. On pouvait mettre un peu ce qu'on voulait, mais bon, c'est pas beaucoup plus joli que ce que j'avais avant.
Si, ça flotte. Oui, c'est vrai, si on les perd à la pêche. Je n'y avais pas pensé.
Donc là, surtout, en fait, ce qui m'embête, c'est qu'il faut sortir de l'argent parce que pour faire une série de trucs et tout ça, il faut un certain nombre. Et sinon, ça coûte très, très cher, le porte-clés. Donc voilà, là, c'est la grosse déconvenue. Donc c'est l'ascenseur émotionnel de l'entrepreneur. J'étais au top, bof, bof, bof, et puis là, tout s'écroule. Vraiment, je me dis, bon, tant pis, je laisse tomber le truc. Je laisse un peu tomber le truc. Là, pendant deux mois, il ne se passe rien sur le truc. Et puis là, enfin, qu'est-ce qui se passe? La révélation, c'est Britney Spears. Pour ceux qui n'auraient pas reconnu. Oh my God! Je découvre le Fab Lab et la découpe laser. Et là, ça a changé ma vie. Alors le Fab Lab, pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, c'est d'abord un lieu qui est géré par une association dans lequel on peut trouver tout un tas de matériel industriel auquel on n'a pas accès traditionnellement, ou là, qu'on peut aller utiliser. Donc les Fab Labs, c'est très connu, on en parle à la télé, pour les imprimantes 3D. Mais il y a vraiment tout un tas d'autres choses. Donc là, c'est le Fab Lab de Toulouse, un des plus gros de France.
Il y a des imprimantes 3D, il y a des espaces pour faire de l'électronique avec des oscilloscopes, des fers à souder, tous ces trucs-là. Des trucs qu'on ne va pas forcément s'acheter personnellement. Donc il y a la machine à découpe laser. La machine à découpe laser, ça permet de découper certains types de métaux, du plexi, du carton, du papier.
Du bois, enfin certains types de bois. Et donc ça permet de découper et aussi de graver. Je vais vous montrer après.
Il y a aussi des frigos, parce qu'il y a des gens qui font de la bio, qui font pousser des trucs, je ne sais pas trop.
Et donc, C'est un lieu associatif, on adhère à l'année et puis on a accès à ce matériel-là. Et c'est très intéressant, on rencontre tout un tas de personnes. Je disais tout à l'heure, c'est connu pour les imprimantes 3D, mais ce n'est vraiment pas ce qui est utilisé, parce que les usages des imprimantes 3D, c'est compliqué. Par contre, la découpe laser, c'est hyper utilisé. Donc me voilà parti, je suis trop content. Là, je me dis, voilà.
Avec cette découpe laser, je vais pouvoir faire des trucs du tonnerre. Mes porte-clés, je vais les fabriquer moi-même à la main.
Je fais une formation gratuite de deux heures tous les mardis soirs dans ce Fab Lab. Il y a une formation à découpe laser de deux heures. Ils expliquent les outils, l'extincteur est là, la soufflerie, il faut la mettre en route, sinon tu attrapes un cancer. Tout un tas de trucs quand même assez importants. Parce qu'après, il faut savoir que quand on arrive au Fab Lab, il y a une personne qui est de permanence pour ouvrir la porte et aider un petit peu là, mais elle n'est pas trop là pour faire le boulot à votre place. C'est-à-dire que c'est vraiment le côté associatif et auto-organisé, dans le sens où on arrive, il y a du monde, on se met d'accord avec les gens qui sont là pour qui utilise la machine quand. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de réservation de l'outillage et tout. C'est vraiment laissé à l'auto-organisation, ce qui encourage aussi les échanges et tout. J'ai vu des projets artistiques ou autres, où il y a des gens qui font des trucs vraiment sympas. Donc je vous encourage à aller faire un petit tour au Fab Lab de chez vous, je crois qu'il y en a sur Paris, il y en a plusieurs. C'est toujours intéressant. Au niveau curiosité, il y a toujours des gens qui font des trucs assez rigolos.
Donc la formation à la découpe laser, après j'achète du plexi, donc en fait au Fab Lab il y avait un petit présentoir avec des choses qui avaient été faites à découpe laser, en particulier
une petite boîte d'échantillons de plexi coloré, il y avait plusieurs couleurs, c'était vendu par Inventable, c'est un site internet qui est aux Etats-Unis.
Donc je commence à regarder et puis en fait j'en avais plus pour plus cher de frais de port, plus de 70 euros pour les faire venir des États-Unis que pour la matière première. Donc là j'étais un peu embêté. Mais par chance, en fait, enfin par chance, oui, on va dire ça, j'allais à New York pour mon voyage de noces à ce moment-là. Et donc je me suis fait livrer le plexi à mon hôtel et je l'ai ramené dans ma valise. J'ai ramené des converses et du plexi de New York. Ma femme était contente, c'était nickel.
Et oui, il faut être inventif. Lean startup, quoi. Lean, quoi, surtout.
Ouais, mais bon, je suis filmé, je veux dire que ce n'était pas la raison première pour laquelle j'y suis allé.
Donc après, gravure et découpe, on ne voit pas trop ce qu'est la poussière. Donc en fait, il y a une plaque de plexi, puis là, c'est en train de graver. Voilà, vous verrez le résultat. En fait, grosso modo, ça, c'est une plaque de plexi que j'ai ramenée, qui a été découpée.
Donc là, je n'en ai coupé que la moitié. Je m'en garde pour... Je ne fais pas du stock, je suis lean.
Et puis si des fois il y a des évolutions demandées, il me reste la matière pour la suite.
Après, séance photo du produit, tout ça. Donc là, c'est avec un copain. J'avais fait une boîte de lumière, pareil, do-it-yourself, avec la lampe Ikea, tout, quoi. L'appareil photo. Et donc, le copain qui s'y connaît en photo, parce que moi, je n'y connais rien.
Et le résultat, attention, roulement de tambour. Tada! Vous pouvez applaudir.
Merci. Et là, je peux vous dire que je ne suis pas peu fier de mon truc, parce que moi, je suis quand même un informaticien, je suis dans le virtuel, c'est-à-dire que je fais des sites internet, des systèmes d'information, des choses que sais-je, et là, j'ai construit quelque chose du réel. Je veux dire, ce n'est quand même pas n'importe quoi. J'en ai, bien sûr.
Je peux vous montrer.
Vous pouvez regarder. Voilà, moi je suis content de mon truc.
Faites circuler, j'ai différentes couleurs.
Ce que je vous montre, c'est des clés que j'ai lancées dans la rue. Ils ont des petits défauts, ceux-là. Après, les vrais, ils n'en ont pas.
Donc voilà, en fait, ce qui s'est passé aussi, c'est qu'à un moment donné, mes objectifs avaient changé. Quand j'avais découvert la découpe laser, finalement le produit était secondaire. Moi, ce que je voulais faire, c'était de la découpe laser. Je m'en foutais un peu du produit.
Parce que c'est quand même, en tant que geek, geek assumé, c'était quand même super important. Donc là, j'avais fait la découpe laser. Enfin, je veux dire, quoi qu'il advienne derrière, peu importe. Le projet était d'une réussite. Donc je pourrais arrêter là, mais bon, j'ai encore d'autres trucs à raconter. Ouais, il faut que j'accélère alors. Donc là, se pose la question du prix. C'est toujours délicat, c'est-à-dire combien je vais vendre ce produit-là. Alors, je dis bien, combien ça coûte? Donc j'utilise la méthode de Van V... Voilà.
Weston Dorp. Donc la méthode, c'est quatre questions. À quel prix considérez-vous que ce produit ne peut pas être de bonne qualité? C'est-à-dire à partir de combien? Le prix est tellement bas que ce n'est pas possible que ce soit de bonne qualité. Un iPhone à 200 euros, ce n'est pas possible. Il y a un problème quelque part.
À quel prix vous considérez que ce produit est vraiment une bonne affaire? Donc ça veut dire qu'il n'est pas assez cher, grosso modo. À quel prix considérez-vous que ce produit commence à être cher? Donc là, c'est l'opposé du précédent. Et la dernière question, à quel prix vous considérez que ce produit est tellement cher? Vous ne l'achetez pas. Donc ça, je l'ai fait auprès d'une dizaine de personnes et ça donne un prix médian. Donc le prix, combien? Combien vous vous metteriez? Alors, avant que le premier parle, parce que c'est le premier qui influence tout le monde,
Combien coûte de refaire un jeu de clés? Je ne parle pas des clés de boîte aux lettres, une clé d'appart, une clé de voiture. Si vous faites venir un serrurier chez vous, voilà. Moi, j'ai 70% de performance de retour de clé quand même.
Non mais c'est important quoi. Donc, combien seriez-vous prêts à mettre pour acheter un de ces porte-clés? Combien? 15? 1 euro, pardon. J'avais compris 15. 15 aussi, oui, d'accord.
5 euros, oui. 5 euros. Ok, ouais. Donc j'ai posé cette question à une dizaine de personnes et je suis arrivé...
Non, mais j'ai eu de tout, de 50 centimes à 50 euros.
50 euros.
Je ne l'ai pas vendu ce prix-là, bien sûr, je suis intègre. Mais je ne l'ai pas vendu. Et donc, en fait, le prix médian, c'était 10 euros. Enfin, 10 euros, oui. Et ce n'est pas des craques. C'est vraiment le truc. Donc, même par un samedi après-midi où je faisais ma gravure laser au Fab Lab et tout ça, il y a des gens qui sont venus visiter le Fab Lab parce qu'ils avaient dû revoir un reportage à la télé de l'imprimante 3D. Des gens de 45-50 ans qui ne connaissaient pas trop tout ça, qui étaient curieux de voir l'imprimante 3D, qui me demandent qu'est-ce que tu es en train de faire et tout. Je leur explique le concept. Et là... Donc bien sûr, je leur demande le prix et tout. Parce qu'à chaque fois, quand on me demande le prix, je retourne la question.
Et bien là, il y a une personne qui m'en a acheté. C'était ma première vente au Fab Lab.
Avec le recul, je pense qu'il voulait plus se ramener un souvenir du Fab Lab que...
Que le truc, mais bon. Sur le moment, ça, ça m'est venu un peu plus tard. C'est ce que je dois aussi.
Donc après, se poser la question du packaging et envoi, c'est-à-dire je ne peux pas aller vendre de la main à la main, c'est quand même les ventes sur Internet, comme on le voit partout. Et surtout, je voulais, faites les personnes, les trois personnes que j'avais interviewées, je voulais leur envoyer un gratuitement pour les remercier de m'avoir accordé un petit peu de temps. Donc là, packaging et envoi, j'achète des enveloppes. Matelassé là, truc et tout. Je mets mon truc, je me dis, voilà, trop facile, je gère trop, et en fait, non, gros fail.
Le truc est arrivé cassé, enfin, sur les trois que j'ai envoyés, il y en a deux qui étaient cassés. En fait, j'avais accroché l'anneau au porte-clés, et puis dans les machines de la poste, ça les a... Ça les a cassés. Alors que c'est quand même costaud le truc. Je ne sais pas si vous avez regardé, mais il faut y aller. Moi, ça fait 4 mois que j'ai le mien dans la poche, il n'a pas bougé. C'est vraiment... Donc, j'ai encore appris. Pareil, j'aurais pu lancer mon truc tambour battant.
J'étais avec un article sur TechCrunch et j'en aurais vendu 300, j'aurais envoyé les 300 et puis là j'en aurais eu 200 de cassés. Donc niveau images et tout, non là j'avais fait petit. De toute façon, je n'avais pas le choix.
Donc là, il me reste toujours des clients à trouver. Donc je me lance dans un petit A-B testing, c'est-à-dire tester différents messages. Pour voir quel est le plus performant. J'accélère un peu parce que je n'ai plus trop de temps. Donc là, je repars sur une hypothèse que j'avais mise de côté. C'était les parents d'ados, j'en ai parlé tout à l'heure, qui pourraient être intéressés par rapport à n'importe qui, c'est-à-dire un message plus générique. Pour faire ça au niveau expérimentation, ce que je fais, je fais des pubs ciblées sur Facebook. Sur Facebook, on peut faire de la pub et cibler, c'est-à-dire là je m'adressais à des gens qui ont plus de 45 ans et qui ont au moins un ado de plus de 10 ans. On peut faire ça sur Facebook. Donc j'ai deux versions de la pub, ce qui change c'est juste le texte ici. Là il y a marqué un porte-clés joli et malin pour ne plus perdre vos clés. Donc ça c'est la version générique du truc. Et là n'ayez plus peur de confier vos clés à vos enfants. Donc en plus, sur la peur et tout, je me dis, ça va bien marcher. Après, le reste, c'est pareil. Et donc, il y a un bouton« En savoir plus» qui va sur le site web. Donc je fais ça, je le fais sur deux semaines différentes, une semaine celui-là et une semaine celui-là. Donc ce que je vais mesurer, c'est lequel va jusqu'à l'achat. Je parle d'entonnoir, c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre d'étapes à remplir. Et je mets un même budget, donc 15 euros pour chaque pub, ce qui fait que j'ai à peu près le même nombre de clics, le coût par clic est similaire. Donc ça fait que c'est comparable. Donc à votre avis, entre les deux, c'est lequel qui marche le mieux sur le parent?
Par en ado, ouais. Donc je vais vous montrer le résultat. La bonne nouvelle, ou non, plutôt la mauvaise nouvelle, c'est que j'en ai vendu zéro, quel que soit le truc. Donc en fait, ce qui est représenté là, c'est les étapes. Donc là, dans la pub, il a cliqué sur« En savoir plus». Donc j'en ai 70 et 68. Comme j'avais le même budget, c'est le coût par clic qui est à peu près similaire, donc j'ai à peu près le même nombre de personnes qui rentrent. Après, on arrive sur le site, on ajoute un ou plusieurs porte-clés dans le panier. Donc là, je suis plus performant sur les parents d'ado. Là, j'avais 12 et là, j'avais 4. Donc déjà, celle-là marche mieux. Ça veut dire qu'il faut que j'aille plus par là. Et après, il y en a un qui a saisi les coordonnées, puis après, j'ai perdu. Enfin, là, il n'y a plus personne. Donc ce que ça veut dire aussi, c'est que... Bon, là, je ne suis pas trop mauvais en termes de transformation ici, mais ce qui veut dire que c'est là, j'ai un problème ici entre ces deux étapes. Donc il faut que je cherche à optimiser ces étapes-là. C'est-à-dire, là, c'est peut-être au niveau ergo ou quoi, je ne sais pas, UX, que ça ne va pas, il faut que j'y travaille. J'avais mis tous ces points de mesure, encore une fois, c'est important de mesurer. Ça ne sert à rien que j'optimise la saisie de la carte bleue et tout ça, parce que de toute façon, j'ai zéro. Donc il faut tout le temps chercher à optimiser les phases amont pour essayer de faire en sorte que l'entonnoir soit le plus large possible à toutes les étapes.
J'ai fait aussi des itérations du lab testing sur le prix, où je l'ai passé à 5 euros. Finalement, j'ai l'impression que le prix n'a pas vraiment d'impact sur la performance du truc. Donc aujourd'hui où j'en suis, ma conclusion globale, donc ça c'est bien résumé, j'ai l'impression que je touche à un truc. Je ne suis pas loin, mais c'est un peu un gros fail, en fait.
En fait, ça ne marche pas. J'en ai vendu aucun sur Internet. Quand je dis aucun sur Internet, aucun des personnes que je ne connais pas ou à qui je n'ai pas discuté ou vendu le truc. Des gens qui sont arrivés froidement sur le site et qui ont fait la démarche d'acheter le produit. Donc, je n'ai pas quelque chose de scalable. J'en ai vendu à mon entourage ou des gens que je connaissais ou des gens que je rencontrais à qui j'expliquais le principe. Parce qu'ils trouvent ça fun de perdre les clés dans la rue, d'avoir l'expérimentation et tout ça.
Donc voilà, je n'ai pas réussi à aller au-delà. En même temps, par rapport à mes objectifs, j'ai atteint quand même un certain nombre d'objectifs qui sont, je me suis fait plaisir, c'était quand même marrant à faire ce truc. Je continue à me faire plaisir parce que c'est sympa d'aller en parler à des conférences et tout, d'échanger sur le sujet. Non, mais ça fait un retour d'expérience.
Gagner un peu d'argent, donc au moins je suis rentré dans mes frais. Donc je n'ai pas fait trop les calculs, mais voilà, mes 70 euros de... De Plexis ont été amortis, parce que j'ai dû en vendre une grosse vingtaine.
Donc je suis dans mes frais, je n'ai pas gagné d'argent. Donc mon investissement inférieur à 50 euros, ça je l'ai atteint.
Et j'ai pu tester l'approche de mes startups. Donc ce qu'il faut retenir quand même, ce qui est intéressant, c'est que pour moins de 150 euros, j'ai quand même réussi à tester un marché, un business. Bien sûr, je pourrais aller faire du B2B avec des Mr. Minute, pour avoir des comptes. Non, je n'ai pas envie. Ce sont des contraintes, je n'ai pas envie de faire ça. Et j'ai d'autant moins envie de le faire parce que... Je n'ai pas l'impression que ça intéresse vraiment les gens le sujet.
Si j'avais fait ça dès le départ, j'aurais peut-être pu le faire, et puis finalement, personne n'en aurait acheté au comptoir du Mr Mint. Là, avec finalement peu de moyens, en étant un petit peu avancé, en restant très très lean, j'ai réussi à tester un marché qui n'existe pas.
Non, mais voilà, je me suis rendu compte que ce marché n'existe pas avec peu de moyens. Donc là, ce que je l'explique sur le Lean Startup, on en parle beaucoup dans le domaine des startups, mais ça marche aussi dans le cadre de plus grandes entreprises ou dans le cadre de produits existants pour tester des nouvelles fonctionnalités. On n'appelle plus ça MVP, mais un MVF, c'est un Minimum Viable Feature. C'est-à-dire, cette démarche-là, on peut la faire en mode Lean, en disant, tiens, je vais rajouter un bouton je ne sais quoi dans mon IHM, et au lieu que ça fasse vraiment quelque chose, je vais déjà voir si les gens vont cliquer dessus. Donc toute cette démarche-là, elle est répétable à d'autres contextes. Donc voilà, j'ai terminé. Je veux juste vous dire que c'est bientôt Noël. Ah.
Alors, c'est bientôt Noël. Donc, c'est une bonne idée cadeau si vous connaissez des gens qui perdent leur clé. N'hésitez pas. Voilà. J'en ai avec moi aussi.